Pourquoi est-ce que j’écris?

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J’ai commencé à écrire pour mieux me connaître. Français de cœur, de langue et de culture, mais métis assis « le cul entre deux chaises, mon identité ou plus exactement l’intégrité de mon « unité personnelle » était plus difficile à cerner et à définir que celle d’un petit Français de souche dont les parents et les grands-parents n’ont jamais quitté le terroir ancestral. Et même s’il en était sorti, il restait résolument Français, c’est-à-dire un individu indissociable de ses compatriotes parce que de race blanche. Ce qui évidemment n’a jamais été mon cas.

Eclairé par la guerre d’Algérie – j’avais vingt ans en 1956 – je suis devenu anticolonialiste, décision qui fit de moi un renégat aux yeux des Français d’Indochine biologiquement attachés à la France et à la colonie.

La guerre du Vietnam, phase étatsunienne (1965-1975) fut le point de bascule. Il fallait que je me décide à écrire non plus pour mon édification ni même pour dénoncer les horreurs du génocide, mais pour remonter à la source même de la tragédie – l’Indochine – et examiner une dimension de la réalité coloniale qu’historiens et sociologues n’ont pas encore explorée, à savoir les problèmes humains et les traumas psychologiques qui pendant tout un siècle ont affecté les acteurs du drame : les colonisés, les colonisateurs et les métis issus de leur rencontre.

Ainsi mes recherches et mon expérience personnelle m’ont éclairé sur la nature ondoyante et diverse des préjugés, mythes, tabous et mensonges qui ont faussé et faussent encore nos relations sociales. Car il faut bien reconnaître que si le vent de l’Histoire a balayé les empires coloniaux, la mentalité coloniale n’a fait que se réimplanter dans les métropoles ex-colonisatrices et multiraciales.

J’espère que mes élucubrations toucheront mes lecteurs.

Merci pour le partage