Le sexe dit faible ne l’est pas autant qu’on le croit!

Il suffit de regarder les matchs de la Coupe du monde de football 2015 qui se joue en ce moment au Canada pour s’en persuader. Ayant suivi ce tournoi depuis des années j’ai pu remarquer que le niveau du jeu s’est amélioré à tel point que les détracteurs du football féminin n’ont plus que leur mauvaise foi. En effet, qu’elles soient d’Europe, des Amériques, d’Afrique, d’Asie ou d’Océanie, la plupart des athlètes que nous voyons aujourd’hui ont acquis une technique (dribbling, maîtrise de la balle et tir au but) qu’un Lionel Messi admirerait.

Mais certains attardés diront « Et la féminité, qu’est-ce que vous en faites ? » A cela je répondrai  “Qu’est-ce que vous entendez par féminité ? Définissez-la d’abord !” Car selon moi si féminité égale beauté, charme et séduction, je vous avouerai que j’ai vu sur le terrain de très jolies femmes qui n’ont rien perdu de leurs charmants attributs ! A cela les pinailleurs me répondront que, « féminisé », le jeu n’est plus le même. Je vois ce que vous voulez dire. Vous lui reprochez de ne pas être assez agressif et violent, alors qu’au contraire j’y vois une qualité : le respect de l’autre et le fair play. N’est-ce pas ce que l’on a toujours prêché en sport ? Car si vous tenez à voir des gars se cogner dessus, allez regarder un match de hockey sur glace et laissez le foot aux amateurs du jogo bonito ! A bout d’arguments on me dira « D’accord, c’est très joli tout ça, mais ça avance à quoi ? » Quelle cécité ! Ne voyez-vous pas que le football féminin discrédité, voire interdit il n’y a pas longtemps en Europe est une victoire pour l’émancipation des femmes ? Que ces athlètes sont les sœurs des Espagnoles, Portugaises, Grecques et Turques qui aujourd’hui militent pour le progrès social ?

Ce genre de polémique est soulevé dans tous les domaines de la vie. J’ai traité de ce sujet dans mon dernier roman, Don Pablo de Navarre et son valet, et à ce propos permettez-moi de reproduire deux pages de cette fantaisie donjuanesque qui vous diront avec humour que biologie n’est pas destinée.

–D’abord du respect des femmes à leur émancipation, il y a loin de la coupe aux lèvres ! Et de là à la Cité de Demain que puis-je te dire ? Nous n’en sommes pas là! Pour le moment je m’attache à promouvoir le respect des femmes, et j’ajouterai un point capital à ce que j’ai dit plus haut: il faut qu’hommes et femmes ne soient plus divisés selon le seul critère des différences anatomiques. Quant aux autres, celles qui touchent au domaine affectif et à la sensibilité, je dirai « Vive la différence ! » car elles ne peuvent que contribuer à l’enrichissement de notre société. En résumé, il ne faut plus que le sexe définisse et détermine le destin d’un être humain. Ainsi être femme ou homme est indépendant du concept d’égalité devant la loi.

– Que dites-vous des inégalités physiques ?

– Très juste. La force physique sera le premier argument à nuancer. On dit que les femmes appartiennent au sexe faible. Il est évident que sur ce point leur morphologie les désavantage. Ceci admis, il faut remarquer qu’il y dans le monde des femmes dont la stature et la force physique sont supérieures à celles de l’homme moyen ! Il faut donc contrer cette analogie simpliste: la femme est plus faible que l’homme comme la souris est plus petite que l’éléphant ! Ce qui est faux !

– Oh oui ! La Berthe par exemple ! Je l’ai vu d’un seul bras vous soulever un boisseau de blé et vous le transporter comme fétu de paille !

– Et toi, tu aurais besoin de tes deux bras ?

– Certainement ! Et pour ce qui est de bêcher et de sarcler, de scier du bois et de fendre des bûches elle n’a pas son pareil ! Et je n’ai pas parlé du bon sens paysan qu’elle a à revendre! N’est pas né le maquignon qui lui vendra un cheval cagneux !

–Alors pourquoi son statut est-il inférieur au nôtre ? Pourquoi ses connaissances plus utiles que celles d’un doctus cum libro ne sont pas reconnues ?

Très juste.

– Et n’oublions surtout pas les différences émotives. Les femmes sont conciliantes. Elles savent écouter, parlementer, couper la poire en deux sans avoir recours à la violence. A cela ajoutons leur savoir en herboristerie et en médecine, leur dextérité en dentellerie et en tapisserie, leur talent en poésie et en musique !

–A propos de musique sachez que la Berthe chante comme un rossignol ! Il faut voir comme on se l’arrache pour les repas de baptême et de noces! Quelle jolie voix !

– Eh bien tu vois, il y a des multitudes de Berthe dans toutes les couches sociales: des femmes d’affaires, des femmes éducatrices, des femmes artistes et des mères dignes du plus profond respect, en un mot des femmes accomplies, et cela en dépit des obstacles que nous leur dressons !

– Maître, vous m’avez convaincu. J’ajouterai un domaine où elles nous battent à plate couture !

– Lequel ?

– Celui des plaisirs de l’amour ! La Berthe se pâme plusieurs fois dans mes bras alors que…

– Tout l’honneur te revient ! De quoi te plains- tu ?


– De ne pas avoir ses extases sérielles !


– Alors là, je crains que ma Cité de Demain n’y changera rien !
 Et c’est par de grands éclats de rire que cette conversation très sérieuse prit fin.

Photo empruntée à Le monde.

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