Le passé colonial de la France de nouveau à l’ordre du jour

imagesLa loi du 24 février 2005 mérite d’être connue parce qu’elle nous prouve que si l’Histoire a balayé les colonies, elle n’a pas balayé la mentalité coloniale qui a survécu et demeure fermement enracinée dans la conscience collective de beaucoup de Français, et plus particulièrement dans celle de nos dirigeants. Les quatre citations ci-dessous nous font voir clairement la lettre et surtout l’esprit de cette loi :

 

– « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. » (article 1).

– « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit » (article 4, alinéa 2).

La France avait demandé à ses fils les plus intrépides d’assurer son rayonnement par-delà les mers: avec courage, avec enthousiasme, avec ténacité, ils l’ont fait. Les terres ont été mises en valeur, les maladies ont été combattues, une véritable politique de développement a été promue » (Rapport du député Michel Diefenbacher, février 2003)

– «  reconnaître l’œuvre positive de nos compatriotes sur ces territoires est un devoir pour l’État français ». (Rapport de la ministre Michèle Alliot-Marie, mars 2004)

La persistance de cette mentalité nous a été dernièrement révélée – non par un porte-parole de l’extrême droite – mais par un ancien Premier Ministre (RPR, UMP puis LR) qui, avec l’ignorance arrogante d’un Donald Trump, a déclaré:

 

“Non, La France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord,” a déclaré dimanche 28 août, à Sablé-sur-Sarthe, le candidat à la primaire à droite François Fillon. Dressant le réquisitoire des programmes scolaires qui, selon lui, apprennent aux élèves français à avoir “honte” de leur pays, il estime nécessaire qu’ils soient réécrits afin de donner une image plus favorable de l’histoire de France. (L’Express, 31/08/2016)

Je ne répondrai pas à ces déclarations ineptes, la sottise et la mauvaise foi étant réfractaire à toute rhétorique. Par contre je m’adresserai à mes lectrices et lecteurs en leur proposant deux passages extraits d’un de mes romans, ouvrages dans lesquels j’aborde l’Histoire dans une perspective littéraire.

Les lignes qui suivent sont un hommage à la mémoire de tous les porteurs d’Afrique et tous les coolies d’Asie, victimes des travaux forcés auxquels étaient astreints les colonisés. Ce texte est tiré du journal d’Alexis Sorel, ingénieur adjoint aux Travaux Publics de Haïphong.

* * *

railroad-workers-indochinaLes réalisations françaises en Indochine et leur coût humain.

Journal du 15 décembre 1887

Le directeur souffrant de paludisme chronique a été dans l’obligation de m’envoyer à Phu-Lang-Thuong. C’est une chance à saisir. J’espère qu’ayant gagné sa confiance, je la mériterai. Parti en mission, j’y ai passé trois jours à discuter des modalités d’une collaboration entre nos services et le Génie militaire.

Port fluvial en amont de Haï-Phong, Phu-Lang-Thuong est à huit heures de chaloupe. C’est la première fois que je navigue sur le Song-Thuong. Debout sur la plate-forme de la timonerie, je savoure la douceur de l’air. En cette demi-saison qui ne dure pas longtemps, les matinées sont fraîches et les nuits presque froides. Ce midi, le thermomètre a marqué vingt degrés. Plus au nord la température peut tomber aux alentours de zéro. Quel contraste avec la fournaise de l’été!

« Vous connaissez Nice? m’avait demandé le directeur. De novembre à janvier nous jouissons ici du même climat. La Côte d’Azur, quoi! Moins le Négresco! » 

Alors profitons-en avant les pluies. C’est la période des basses eaux. Le fleuve a retréci dans son lit, découvrant des îlots de sable et d’argile craquelée. Le navigateur est Breton. Trois ans de Tong-Kin dont deux sur cette voie d’eau, il la connait mieux que l’Ille et la Vilaine.

– Une voie ferrée de Phu-Lang-Thuong à la frontière chinoise? Vous parlez d’un projet! Ça va être du sport!

En effet ! J’ai étudié la topographie de la région. Forêts et pitons, arroyos et fondrières, luxuriance végétale nappée de brume. On s’y dirige à la boussole, le coupe-coupe à la main. Ambitieux! avais-je dit. « Mais pas impossible, avait répondu le directeur. Il suffit de procéder par tronçons. Nous commencerons par relier Phu-Lang-Thuong et Kiep, puis… »

Pourquoi pas commencer par relier le port de Haï-Phong à Ha-Noï? Puis pousser directement vers Phu-Lang-Thuong et Kiep? La sagesse me recommanda de me taire.

Note de l’auteur:

– Arroyo: petit cours d’eau en espagnol. Ce terme, utilisé en Indochine, date du XVIIè siècle, époque pendant laquelle les premiers missionnaires espagnols et français collaborèrent en Cochinchine.

– Entre Phu-Lang-Thuong et Kiep? Ça tombe bien, me dit le quartier-maître. Voyez-vous ces sampans et ces jonques? C’est ici que débarque le ravitaillement destiné à nos postes échelonnés sur cent-dix kilomètres…

Ah, voilà pourquoi! La logistique militaire est supérieure à ma logique!

– Nos fortins s’étirent sur cette portion nord de la Route Mandarine. Alors ils ont priorité! Poursuit-il.

La Route Mandarine… Je rêve à l’œuvre gigantesque de Gia-Long et de ses collaborateurs français, cette Voie Annamite qui, s’étirant sur 1700 km, reliait Ha-Noï à Saï-Gon. Un siècle a passé.

– Qu’en reste-t-il?

– La brousse dévore la route, les pirates les convois! Une voie ferrée? reprend le marin. Peut-être. Quoique… Voyez-vous, la Haute-Région est accessible par le Fleuve Rouge au nord-ouest, et le Song-Thuon au nord-est. Ces voies d’eau sont navigables, sauf pour les gros tonnages, et vont droit sur la Chine! Mais je ne suis pas stratège!

Moi non plus. Nous allons accoster. Je prends congé du timonier et me prépare à débarquer. Sur l’appontement, des militaires autour d’un officier.

Notes :

– La Route Mandarine : construite sous l’empereur Gia Long (1762-1820) elle relie sur 1730km le Sud du Vietnam (Cà Mau, delta du Mékong) à la région de Lang Son, au nord, près de la frontière chinoise.

– Pour la petite histoire qui abonde en surprises, la Route Mandarine, construite sous la Révolution française, fut l’œuvre d’un corps expéditionnaire accouru aider l’Empereur Gia-Long à mater une révolte et à recouvrer son trône. Recrutés par Pierre Pigneau de Béhaine, Evêque d’Adran, ces soldats français non seulement se distinguèrent sur les champs de bataille, mais la paix rétablie les officiers supérieurs reçurent le titre de grands mandarins, épousèrent des Vietnamiennes et furent admis à la Cour de Hué. Cette entente cordiale dura jusqu’à la mort de l’Empereur Gia-Long en 1820. Alarmé par l’influence française et la propagation de la foi chrétienne, son successeur l’Empereur Ming-Mang adopta une politique violemment xénophobe qui conduisit à l’exclusion des étrangers et à la persécution des catholiques. L’exécution des missionnaires fut le prétexte à l’intervention française en 1847.

Sept ans plus tard…

Journal du 7 janvier 1895

Retenons bien cette date: le 28 décembre 1894. Car c’est l’événement du siècle pour le Tong-Kin. Nous avons terminé le dernier tronçon qui relie Lang-Nac à Lang-Son. Cinq ans de labeur, 150 km à travers la brousse, un terminus aux portes de la Chine! Ça se fête!

Le directeur baigne dans une douce euphorie. La veille, lors d’un vin d’honneur donné à la caserne de Phu-Lang-Thuong, le Résident lui avait cérémonieusement remis une belle enveloppe contenant une lettre de félicitations de M. de Lanessan, Gouverneur Général. Ce matin, devant une garde d’honneur gantée de blanc, ce même Résident l’a prié de se joindre à sa suite. « Vous aussi, Messieurs Duchêne et Sorel! » a-t-il gracieusement ajouté. Et c’est dans un magnifique wagon enrubanné de tricolore que nous avons traversé le Yen-Thé.

Assis sur la banquette de velour, le patron relit la missive du Gouverneur Général. Emu, il embrasse du regard le paysage qui file à vingt kilomètres à l’heure.

« C’est le plus beau jour de ma vie! Sorel et Duchêne, soyez fiers vous aussi! Et à tous ceux, civils et militaires, ingénieurs, contremaîtres et coolies, qui pendant neuf ans ont fait acte d’abnégation et sacrifié leur intérêt personnel à la réalisation de cette œuvre bien française, je vous tire mon chapeau! Vous avez tous mérité de la patrie! »

Il a les larmes aux yeux. Moi aussi j’ai tiré mon mouchoir. C’est idiot et contagieux, le sentimentalisme. Il faut s’en méfier. Mais aujourd’hui, alors que j’écoute le vieil ingénieur, je succombe bêtement à une émotion dont je ne me croyais pas capable.

« Voyez cette voie ferrée, cette locomotive à l’assaut de la jungle, des pitons, des arroyos! 260 000 traverses, 30 000 tonnes de cailloux, 67 ponceaux et passerelles! Vous rendez-vous compte? C’est impossible! m’avait-on dit. Et ces messieurs des ministères de se relayer pour me faire entendre raison! Mais quand j’ai une idée dans la tête… Impossible n’est pas français! Et je suis reparti prospecter dans la brousse, seul avec un guide et des coolies. « Il est complètement fou ! » On décida de mettre à ma disposition un détachement de chasseurs annamites. Six mois dans le brouillard vert du Yen-Thé! Six mois de fièvre, de moustiques et de sangsues! C’est comme ça que j’ai attrapé le palu! Qu’importe. J’en ai envoyé des rapports! Au troisièmes, on ne riait plus. Mon projet avait converti les plus sceptiques. Le commandant Desmoulins en fit part au Résident qui en parla au Consul de Hué. Alors tout se déclencha très vite. Savez-vous qui m’a le plus soutenu? La Comte de Sailles de la Mission à Pékin! Oui, ce sont des hommes de cette trempe qui font la grandeur de la France! Des audacieux, des pionniers, des bâtisseurs! Admirez, mes amis, c’est ça le génie français! »

Note:

– Les haut-fonctionnaires cités sont des personnages authentiques.

 

Du bras il a balayé le paysage, la courbe de la voie virant le long d’un ravin, les poteaux télégraphiques filant au loin. Il a raison. Ce que nous voyons est l’affirmation de la grandeur de l’homme, le Pont du Gard, la Voie Romaine! C’est une réalité qui donne bonne conscience, un sentiment qui embrasse l’universel, une émotion à chaque tour de roue plus enivrante, et quand nous arrivons à l’avant-dernière étape, elle touche au sublime!

Sur le quai de Lan-Nac, des soldats au garde-à-vous. Contenue par des miliciens, la foule annamite trépigne. Elle veut voir la machine de plus près. La locomotive entre en gare en sifflant, ralentit dans un grincement effroyable de freins, s’arrête en soufflant vapeur et fumée. Le sol en tremble. Les plus braves se sont reculés.

Roulements de tambour. Présentez armes! Claquement de bottes. Poignées de main et saluts militaires. J’ai moi aussi droit à ces honneurs! Et pourquoi pas? Aujourd’hui, tout Français est un demi-dieu! Discours de bienvenue du Commandant de garnison, allocution du Résident, clairons et fanfare, ruban tricolore et coup de ciseau! Ah, le beau coup de ciseau! Il nous ouvre le dernier tronçon! Attention au départ!

« Ah, comme on en a bavé pour ces trente derniers kilomètres! Pirates, terrain, dysenterie! Et Paris qui menaçait de couper les crédits! Cette pacification qui traînait, ces débats à l’Assemblée! Les matériaux retardés, les coolies décimés. On a rapatrié d’urgence sept contremaîtres. Dix-huit autres sont enterrés à Phu-Lang-Thuong. Tout le monde gueulait! Pourtant, nous avons persévéré! »

Note:

–Les contremaîtres étaient Francais.

Hardi les gars! Encore un effort, le dernier!

 “Facile pour vous, messieurs les Français! Diraient les coolies. Les pieds bien au chaud, c’est pas vous qui attrapiez la crève! Et les milliers de morts et d’espropiés que vous avez laissés sur le pavé?”

« Mais qu’est-ce que vous me racontez là? Et les Français qui sont restés sur le carreau? Les paludéens, les hépatiques et les phtisiques qui ont fini à l’hosto? Vous croyez avoir été les seuls à souffrir? Savez-vous combien cette ligne aura coûté à la France? Vingt millions de francs! »

“C’est quoi vingt millions de francs pour nous, coolies, qui comptons en sapèques? C’est un chiffre qui dépasse notre entendement! Et même s’il nous disait quelque chose, nous serions bien en droit de vous crier “Messieurs les Français, on ne vous a rien demandé!”

Registres, bilans et comptes en T. Messieurs les comptables, à vos livres! Mais je vous défie de chiffrer les tombes qui jalonnent les cent cinquante kilomètres de la voie!

– Vous plaisantez? Bien sûr que les morts se comptabilisent!

– Comment?

– En « profits et pertes »!

… Soudain la voix de l’ingénieur-en-chef me réveille de ma rêverie.

– Regardez!

Entouré de son état-major, le général Lyautey, Commandant en chef des forces armées, est venu lui-même immortaliser de sa présence l’arrivée à Lang-Son du premier train français.

(Extraits de Grand-père, raconte-moi l’A-Nam)

* * *

En conclusion si nous considérons que la voie ferrée qui relie Langson à la province chinoise du Yunnan (855 km) fut réalisée au prix de 12 000 vies humaines dont 800 pour le seul viaduc de Faux-Namti, pouvons-nous imaginer le nombre de morts et d’estropiés sacrifiés à la construction du Transindochinois (ligne Nord-Sud) long de 1736 km? Et si par ailleurs nous incluons les exploitations minières et forestières auxquelles il faut ajouter les immenses plantations d’hévéas qui firent la fortune de Michelin, nous nous apercevons que le coût humain des 150 km qui préoccupait Alexis Sorel n’était qu’une bagatelle…

 Notes:

– Il faut savoir que l’exploitation de l’Indochine, c’est-à-dire des richesses minières (anthracite, zinc, étain) et agricoles (riz, hévéa, thé, café) ainsi que la construction de l’infrastructure nécessaire pour l’exportation de ces produits (routes, ponts, voies ferrées et installations portuaires) reposaient exclusivement sur le travail humain, la mécanisation n’ayant jamais été envisagée.

– L’Institut Pateur contribua au maintien d’une importante force de travail nécessaire à l’économie de la colonie. A propos des vaccins contre la variole et le choléra, citons ces mots du Dr. Vantalon qui dès 1880 avait compris l’utilité d’un vaste réservoir de main-d’œuvre bon marché: “… il est de toute évidence que l’avenir et la prospérité de la colonie dépendent de l’accroissement de la population indigène. Or je ne crains pas d’affirmer que la diffusion du virus-vaccin est l’un des plus puissants moyens dont nous puissions disposer pour amener ce résultat.” (Cité par P.Brocheux et D.Hémery, Indochine, la colonisation ambiguë, Editions La découverte, 2001, p. 251.)

– Les emprunts qui finançaient les grands travaux publics (chemin de fer, réseau routier) et privés (exploitations minières et plantations) étaient payés par les impôts prélevés sur la population indigène. Cette fiscalité écrasante pour les Vietnamiens fut mise sur pied en 1897 par Paul Doumer, Gouverneur Général de l’Indochine. Voir Le temps du riz et du caoutchouc, Mémoires Vivantes Expositions de Marseille.

* * *

Addenda pour les férus d’histoire

Voici deux citations qui vous intéresseront. La première est extraite d’un article écrit par Jean-Louis de Lanessan, Gouverneur Général de l’Indochine entre 1891 et 1894. Ayant “pacifié” le Nord de l’Indochine, il avait entrepris de grands travaux routiers et ferroviaires qui, selon son propre jugement, se sont avérés peu rentables.

1- “Nous avons dépensé en Indochine, depuis 1884, plus de 600 millions de francs, et nous n’y possédons encore que 155 km de voie ferrée ; nous n’avons étendu notre influence dans aucune des contrées qui entourent nos établissements et nous n’avons presque rien fait pour la mise en valeur agricole, industrielle ou commerciale de cette colonie qui, cependant, est, de beaucoup, la plus riche de toutes celles qui sont en notre possession. (J.L. de Lanessan, ancien gouverneur de l’Indo-Chine (1891-1894)), député. Questions diplomatiques et coloniales, Tome V, Deuxième année, 1898, septembre-Décembre)

Note :

– Ayant “pacifié”: j’ai mis des guillemets pour signifier que la pacification du Tonkin (province du Nord) fut comme la Guerre de Cent ans, c’est-à-dire une longue série de succès et de revers entrecoupée de trêves éphémères. Ainsi, nous pouvons dire qu’elle se poursuivit pendant toute la présence française (1882-1954) et ne prit fin qu’avec la défaite de Dien-Bien-Phu le 7 mai 1954.

La seconde citation est extraite d’un ouvrage sur Paul Doumer, Gouverneur Général de l’Indochine de 1897 à 1902, qui eut la distinction de redresser l’économie de la colonie en établissant un système de taxation si sévère qu’il créa au Vietnam une misère endémique.

2- “… les travaux du « Plan Doumer » ont coûté cher aux peuples indochinois. Pour obtenir des emprunts gouvernementaux, Paul Doumer a, certes, rendu le Budget général bénéficiaire, mais ceci était principalement dû aux impôts indirects : les tarifs douaniers et les trois « bêtes de somme de l’Indochine » : les monopoles du sel et de l’alcool et la régie de l’opium qu’il avait mis en place. Cette politique a créé une pression fiscale qui pesait lourdement sur les Indochinois.

Note:

– La Régie de l’opium fondée en 1881 avait le monopole de la production et de la vente de l’opium. Illégal en métropole, il contribua jusqu’à 25% du budget de la colonie.

“…Sur un autre plan de la politique coloniale de Paul Doumer… il a pratiqué, de fait, une gestion directe, centralisée et dictée d’en haut. Il ne se souciait guère d’associer les Indochinois à ses projets, de la décision à la réalisation. Les lettrés, les cadres traditionnels vietnamiens, se trouvaient écartés de l’administration au profit de nouveaux fonctionnaires français. En dépouillant les mandarins de tout pouvoir, il froissa les élites, alors que ses exigences fiscales étaient durement ressenties. La distribution de vastes concessions foncières aux Européens se révéla être une erreur plus grave encore : les paysans vietnamiens furent réduits au rang de métayers des grands propriétaires européens non-résidents. (« Paul Doumer : aux origines d’un grand projet, le chemin de fer transindochinois  », Histoire, économie & société 3/2011.

***

Guy Levilain est l’auteur de Grand-père, raconte-moi l’A-Nam, Indochine mon amour et La Mémé, suivi de Réflexions sur la question métisse, une trilogie consacrée à l’Indochine coloniale ainsi que Don Pablo de Navarre (fantaisie donjuanesque) suivi de La Abuelita (fantaisie mexicaine):

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