La controverse de Miss Japon

Miss-Universe-Japan-Facebook-PageQuels qu’ils soient, les concours de beauté pour femmes ou pour hommes ne m’ont jamais intéressé. En dépit de leur décorum ils me font penser aux marchés d’esclaves. Mais voyons, direz-vous, « pour être élue Miss il n’y a pas que le physique ! La candidate doit faire preuve de grâce et de talents, porter une robe longue avec élégance, un bikini sans être trop aguichante, chanter et danser ! » Auquel cas je dirais « Pourquoi n’y ajoutez-vous pas l’art culinaire, compétence indispensable à toute ménagère ! » Bref, vous m’avez compris.

Par contre l’élection d’Ariana Miyamoto au titre de Miss Japon a capté mon attention. Pourquoi ? Parce que métisse elle a déclenché un tollé. Voilà qui est soudain intéressant ! L’hybridité, ça me connaît. Je vais pouvoir y aller de mon grain de sel !

Cette controverse était prévisible parce que la nouvelle Miss Japon est nippo-afro-étasunienne, une créature charmante, il est vrai, mais qui étonne et détonne dans une société ethniquement pure si l’on ne compte pas les émigrés d’Asie, en particulier ceux de Corée – ex-colonie, rappelons-le – de l’Empire du Soleil Levant.

Aussi, bien que née au Japon et de nationalité japonaise, Ariana n’est qu’à moitié japonaise, moitié qui ne compte plus parce que souillée. De ce fait, malgré ses qualités – il faut croire qu’elle en avait assez pour supplanter ses rivales pure race – elle ne pouvait décemment représenter la femme japonaise. C’est bien entendu l’avis des ultra-nationalistes de la secte Zaitokukai, une minorité certes, mais très organisée et très violente. Héritiers de leurs aînés qui, sans être de race aryenne, s’étaient ralliés à Hitler en comptant sur sa victoire pour asservir l’Asie et humiliés par la capitulation du Japon, ces fascistes invétérés gardent une profonde nostalgie pour les jours glorieux de l’ère impériale.

Comment peut-on être nazi et croire en sa supériorité raciale quand on a la peau jaune? Ce n’est qu’un paradoxe apparent car l’histoire des XIXème et XXème siècle nous a clairement montré que l’impérialisme nippon, comme tous les impérialismes, se fonde lui aussi sur la « supériorité raciale », en l’occurrence celle des Japonais sur les autres peuples d’Asie. Les atrocités perpétrés par l’Allemagne nazie et le Japon fasciste nous l’ont assez prouvé. Certains diront que j’exagère, que je remonte au déluge, et que les temps ont changé. Soixante-dix ans ? Mais ce n’est rien dans le contexte de l’histoire ! Le racisme aux Etats-Unis remonte à bien plus loin ! Mais revenons à Miss Japon.

Après avoir pris le chemin des écoliers pour crier haro sur l’impérialisme japonais et crier notre indignation, je vais enfin aller au cœur du sujet en vous posant cette question: d’après vous est-ce que les Européens tiqueraient si Miss Royaume-Uni, Miss Allemagne ou Miss France était métisse? Posez la question autour de vous. Ce sais que ce n’est pas un sondage sérieux, mais en l’absence d’une enquête scientifique je me contenterai de ce procédé empirique. J’espère que la plupart des Français se révéleront plus tolérants que les Japonais. Je le souhaite de tout cœur car je veux croire en la France.

Notes :

– J’ai mis la « supériorité raciale » des Japonais entre guillemets parce que le terme est erroné, les Japonais étant de la même race que les Asiates qu’ils méprisent. Techniquement, leur sentiment de supériorité est de nature ethnique, car l’ethnie regroupe les individus ayant en commun des caractères de civilisation, à savoir la langue et la culture. Ainsi Chinois, Coréens et Japonais ne se diffèrent que par leur ethnicité. Il en est de même des Allemands, des Anglais et des Français ou encore des Bretons, des Catalans et des Basques. Par contre la race se fonde sur un ensemble de caractères anatomiques et héréditaire qui différencie les différents groupes humains.

– La première guerre sino-japonaise (1894-1895) qui donna au Japon Taiwan, la Corée et une percée en Mandchourie avec l’acquisition de Port-Arthur ; la guerre russo-japonaise (1905) qui lui permit d’occuper la Mandchourie et la seconde guerre sino-japonaise qui commença en 1937 et se prolongea dans le second conflit mondial illustrent la politique expansionniste de l’Empire du Soleil Levant. Remarquons que ces conquêtes furent marquées d’atrocités innommables sur la population civile. Le Viol de Nankin (entre 200 000 et 300 000 victimes) est emblématique de cette barbarie.

La photo de Miss Japan 2015 est empruntée à Miss-universe-Japan-Facebook-page.

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