HISTOIRE DE LA PALESTINE

Zohra Credy – historienne et spécialiste de l’Histoire du monde arabo-musulman – a contribué à élargir le champ de vision du “Blog qui Débloque” en lui donnant  une nouvelle dimension géo-politique, le Moyen-Orient. Nous avons déjà publié son excellente analyse des droits fondamentaux en Iran et nous sommes heureux de vous présenter aujourd’hui un autre de ses essais. Intitulé “Histoire de la Palestine”, ce travail de recherche comporte deux parties dont nous publions ce mardi la première. La seconde et dernière partie sera publiée mardi prochain.

 

HISTOIRE DE LA PALESTINE

 

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De nos jours dès que l’on évoque le mot Palestine certains pensent au terrorisme et d’autres au conflit israélo- palestinien. La Palestine c’est d’abord un
pays et les Palestiniens un peuple.

 

Dans une première partie nous allons essayer de comprendre l’origine de ce conflit et pourquoi les palestiniens sont-ils devenus « La question palestinienne » ?

 

Et dans une seconde partie nous nous arrêterons sur les facteurs politiques qui ont fait de la « question palestinienne » la « cause palestinienne »

 

Première partie : la naissance de la question palestinienne 1917-1948

 

L’Etat de Palestine n’existe pas et n’a jamais existé disent les sionistes. C’est une falsification de l’Histoire. Certes, la Palestine n’a pas existé en tant qu’Etat-Nation, mais cela ne met pas en cause son existence en tant qu’entité territoriale. Combien de pays européens n’existeraient-ils pas parce qu’anciennes provinces d’empires ?

 

Au regard de l’Histoire la Palestine est presque aussi vielle que le monde. Elle fait partie du Moyen-Orient qui est le berceau de la civilisation humaine. Plusieurs civilisations ont successivement marqué cette contrée, mais celle qui a laissé son empreinte sur le plan culturel et identitaire est la civilisation arabo-musulmane qui s’est imposée depuis le 7ème siècle. Les croisades menées dans cette région n’ont pas modifié structurellement les appartenances culturelles des populations arabes ou arabisées (chrétienne, musulmane et juive) de la Palestine qui était une province des empires musulmans sauf à quelques périodes. Depuis 1516 la Palestine est une province de l’empire ottoman. En raison de sa situation géographique elle n’échappera pas comme tout le Moyen-Orient à la voracité du colonialisme français et britannique.

 

1- Le partage du Moyen-Orient et les accords Sykes-Picot

 

La dramatique Histoire de la Palestine s’inscrit dans un contexte marqué par le souci de l’Angleterre de protéger la route des Indes. Mais l’Angleterre n’étant pas seule maîtresse du jeu, elle doit composer avec les intérêts français. La France est présente au Proche-Orient en tant que protectrice des minorités chrétienne, droit que lui confèrent le traité de Capitulations signé en 1569 entre l’Empire ottoman et le royaume de France. Toutefois la France comme le Royaume Uni a des prétentions sur les provinces arabes de l’empire Ottoman affaibli. Le déclenchement de la première guerre mondiale va permettre à ces deux pays de pouvoir réaliser leurs ambitions.

 

L’alliance des Ottomans avec l’Allemagne va conduire les Anglais à instrumentaliser les aspirations des Arabes à l’indépendance en les poussant à la révolte contre les Ottomans avec la promesse d’un royaume arabe. Les Arabes enthousiasmés par l’idée d’indépendance participent à la guerre au côté des Anglais. Jérusalem est prise aux Ottomans en 1917, Damas se rend au aux troupes arabo-britanniques en 1918.

 

Mais les promesses britanniques se heurtent à la volonté de la France de maintenir sa présence au Proche-Orient et aussi à la position du bureau du Foreign Office chargé de la Compagnie des Indes. Les tractations entre les deux puissances, menées par Sir Mark Sykes et Georges Picot,  aboutissent en mai 2016 aux accords Sykes-Picot.

 

Ces accords qui dépècent la région au gré des intérêts des deux puissances placent sous influence française le Liban et la Syrie (dans leur configuration actuelle), tandis que l’Angleterre s’accapare l’IraK, et la Jordanie. Quant à la Palestine objet de convoitise des deux parties, elle sera placée sous administration internationale en attendant une décision finale excepté les ports de Haïfa et d’Acre placés sous administration britannique.

 

Exit les promesses faites aux alliés arabes !

 

2- La montée du sionisme

 

Le sionisme n’est pas le produit du monde arabe, mais le produit de l’antisémitisme occidental pour deux raisons essentielles. La première considération est de nature religieuse. Pour les chrétiens, les juifs sont des déicides d’où le rejet, l’infériorisation, les persécutions et la ségrégation spatiale (les ghettos). Puis avec la pré-industrialisation, des conflits d’intérêts économiques vont faire des juifs les boucs émissaires de la bourgeoisie commerçante montante qui voit en eux de rudes concurrents, surtout en Europe orientale.

 

C’est cet antisémitisme qui aurait poussé Theodore Herzl, un journaliste juif, à mettre en place l’idée d’un Etat autonome juif. Toutefois, il faut souligner que les mouvements migratoires vers la Palestine sont antérieurs à l’idée de Herzl et au congrès de Bâle de 1897. Sans revenir sur les thèses qui font remonter l’émergence du sionisme en Angleterre depuis le 17ème siècle, ni sur les travaux de Youssef Hindi sur les liens de la kabbale et du messianisme sioniste qu’il fait remonter au 13ème siècle, je me contenterai de citer les faits suivants :

 

  • Dès, 1837 Moses MENTEFIORE, un juif anglais, après un voyage en Palestine évoque la possibilité d’établir un foyer juif.

 

  • En 1867, Moise HESS, un penseur sioniste, proclame sa foi dans la loi du retour à la terre promise en publiant son ouvrage : Le projet de colonisation de la terre sainte. Ce livre reprend pour l’essentiel les idées émises par Ernest LAHARANN, secrétaire particulier de Napoléon III, dans son ouvrage intitulé la Nouvelle question d’Orient, le royaume d’Egypte et d’Arabie et la Reconstitution de la nationalité juive. Ce livre a été écrit en 1860 suite à l’expédition de Bonaparte au Liban.

 

Ces idées ne sont pas restées lettres mortes, une colonisation soutenue par des initiatives individuelles commence déjà. Edmond ROTCHILD finance des colonies dès 188O. D’autres bienfaiteurs vont suivre à l’instar de SHATESBURRY et OIPHANT alors que l’antisémitisme politique se développe en Europe. Fuyant les pogroms perpétrés en Russie et les persécutions en Pologne et en Roumanie 5000 immigrés s’installent en Palestine et y fondent des colonies.

 

Le sionisme est donc antérieur à HERZL, mais avec lui il deviendra un mouvement politique et se dotera lors du premier congrès sioniste réuni en 1897 à Bâle (Suisse) des moyens de propagande et de réalisation d’un foyer national juif en Palestine. Pour ce faire deux structures furent créées pour organiser et financer l’installation de colonies en Palestine : Le Fonds national juif en 1901 et l’Anglo-Palestinian Company en 1903.

 

Avec le congrès de Bâle, le sionisme change d’objectif. Le Juif n’immigre pas en Palestine pour vivre aux côtés de l’Arabe palestinien. Il vient prendre sa place et son travail. Le slogan du sionisme était « un peuple sans terre (les juifs) et une terre sans peuple (la Palestine). Rappelons qu’en 1880, la Palestine comptait 300 000 habitants dont 20 000 Juifs ayant le statut de Dhimis ( gens du livre qui bénéficient de la protection des autorités et qui s’adonnent librement à leur culte)

 

Toutefois, pour constituer une patrie pour les Juifs comme l’écrit Herzl lui-même «  La question juive n’est pour moi ni une question sociale, ni une question religieuse…, c’est une question nationale » (1), les sionistes ont besoin de l’appui d’une puissance pour réaliser leur projet colonial, et ce fût l’Angleterre. On peut supposer à juste titre que cette demande du mouvement sioniste a offert à l’Angleterre l’occasion d’avoir une minorité sous son influence, la minorité chrétienne étant sous influence française !

 

3- La déclaration Balfour

 

C’est cette alliance objective autour d’intérêts communs qui pourrait être à l’origine de la Déclaration BALFOUR du 2 novembre 1917. Certains l’expliquent aussi par une vision messianique que partagent une certaine lecture du protestantisme et la kabbale juive autour de l’idée du retour du Messie à la terre sainte ! Par contre ce qui est certain c’est que la pression du groupe sioniste de Grande Bretagne dirigé par le Dr Chaim Weizman a beaucoup aidé à l’élaboration d’une telle déclaration, Balfour étant juif et proche de Weizman.

 

Cette déclaration qui n’est qu’une simple lettre adressée par Lord Arthur James Balfour à Walter Rotchild sera lourde de conséquence pour les Palestiniens et pour toute la région du Moyen-Orient. En effet, la Déclaration BALFOUR a jeté les jalons de la création de l’Etat sioniste au détriment des Palestiniens «  le gouvernement britannique envisage l’Etablissement d’un foyer national juif et emploiera tous les moyens pour faciliter la réalisation de cet objectif ». Et l’Angleterre put réaliser cet objectif du fait que la conférence de San Remo de 1920 plaça la Palestine sous mandat britannique.

 

La machine sioniste est en marche. A peine créée la SDN se mettant en porte à faux par rapport à sa Charte – qui se fonde sur les principes de paix et de respect de la souveraineté des peuples – entérine la Déclaration Balfour. En 1922, elle va même franchir un pas supplémentaire en chargeant l’Angleterre officiellement de l’exécution de la Déclaration allant ainsi à l’encontre du rapport de la commission d’enquête américaine King-Crane qui met en garde contre la constitution d’un Etat juif en Palestine qui aboutirait à l’éviction des habitants arabes et à la déstabilisation du Proche-Orient.

 

Ainsi le mandat britannique, censé accompagner les Palestiniens vers l’indépendance, deviendra la cause de leur soumission à un système colonial qui va les déposséder de leur terre. En effet, sous le mandat britannique, on va assister à l’accélération de l’immigration juive dont le nombre de colons ne cesse d’augmenter ainsi que la proportion des terrains qui passent entre leurs mains. Le transfert de la terre des Arabes palestiniens vers les Juifs surtout avec la création de l’Agence juive dans les années 1925 prend des proportions inquiétantes. Une vraie ségrégation va s’installer entre Juifs et Arabes même au niveau du travail. Les paysans palestiniens seront remplacés par des colons juifs et perdent ainsi leurs moyens de subsistance.
Cette immigration juive protégée par la politique britannique, malgré les conclusions des différentes commissions d’enquête (Shaw, Simson,) sur ses dramatiques répercussions sur la société palestinienne, va s’accélérer avec la montée du fascisme en Europe. Toutefois, il est important de noter que parmi les victimes juives du nazisme ayant fui à l’étranger entre 1935 et 1943, 8,5% seulement sont partis s’installer en Palestine (2). Mais pour le devenir des Palestiniens ces 8,5% vont peser énormément comme on peut le constater à l’examen des chiffres :

 

  • 1932: 9500 immigrés
  • 1933: 30 000
  • 1934: 42 000
  • 1935: 62 000

 

Au-delà de ces chiffres qui sont déjà inquiétants pour les Palestiniens c’est le changement de profil des immigrés juifs qui est le plus grave. En effet le fascisme va pousser des Juifs nantis et bourgeois au départ vers la Palestine. L’arrivée de ces colons riches va propulser l’industrialisation et les investissements dans les colonies juives alors que les Palestiniens continuent à subir le joug d’un système colonial britannique qui les exclue de la vie politique et économique. Les Arabes palestiniens se trouvent entre deux feux, d’un côté le mandataire britannique et de l’autre le projet colonial juif qui a réussi sous la houlette britannique à se doter de structures d’Etat parallèle y compris des organisations paramilitaires.

 

4- Le pré-nationalisme palestinien

 

Les Palestiniens qui ont vécu des siècles avec la minorité juive sans heurts et sans affrontements commencent néanmoins à sentir la menace de l’immigration juive accentuée par la Déclaration BALFOUR. Après l’indifférence, c’est l’inquiétude. En effet au vu de l’accroissement du nombre des immigrants juifs et des terres dont ils s’emparent, les Arabes palestiniens commencent à prendre conscience du danger. Il faut noter que dès la fin du 19ème siècle les notables palestiniens sollicitent le calife Ottoman à mettre fin à l’immigration juive en Palestine. Cette prise de conscience des notables et des intellectuels va être à l’origine de la création de deux journaux : Al Karmel à Haïfa (1908) et Palestine à Jaffa (1911) et de structures politiques pour lutter contre le sionisme. Ce sont ces structures qui vont déclencher des soulèvements de protestation contre la Déclaration Balfour et organiser le premier congrès palestinien à Jérusalem en 1919.
En 1925 le nombre de colons juifs passe à 150 000 soit 1/6 de la population palestinienne dont l’inquiétude se précise. Les Palestiniens se rendent comptent que les colons juifs sont là pour prendre leur place et les déposséder de leur terre sachant que 85% des Palestiniens sont des fellahs. De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’immigration juive et voir en elle une menace pour le devenir de la société palestinienne dont les conditions se dégradent. Parmi ces voix l’on trouve celle du Mufti de Jérusalem Hajj Amine al Husseini et du poète Ibrahim Touqan qui en l’occurrence ne se sont pas trompés. David Ben Gourion a écrit dans une lettre adressée à son fils en 1937  « nous les mettrons dehors et nous prendrons leur place ». La machine sioniste de colonisation est en marche comme le montre la proportion des terres passant aux mains des colons juifs 2500 hectares en 1982, 22 000 en 1900, 65000 hectares en 1919 !

Les soulèvements des palestiniens contre les anglais qui agissent comme des colonisateurs et non comme des mandataires se succèdent : 1920, 1926, 1930-1933. Les revendications portent sur l’arrêt de l’immigration, du transfert des terres aux juifs et sur une meilleure représentation des Palestiniens dans les instances administratives et politiques. Mais, si le mandataire britannique montrait des velléités d’ouverture sur la représentativité des Palestiniens, il restait toujours fermé sur les revendications concernant l’arrêt de la colonisation juive de la Palestine.
Ce blocage va radicaliser le pré-nationalisme palestinien. Un noyau de résistance armée se constitue sous l’égide du Cheikh Ezzeddine al Qassam qui sera assassiné par l’armée britannique en 1935. Son assassinat marquera le début d’un mouvement de révolte d’une ampleur jamais vue. L’antisionisme se développe chez les nationalistes palestiniens soutenus par certains dirigeants de la communauté juive palestinienne qui ne se reconnaissent pas dans le mouvement sioniste et continuent à ne pas se reconnaître à ce jour.
Les manifestations et les heurts avec les Juifs sionistes se succèdent. La colère des Palestiniens débouche en 1936 sur un mouvement de grève générale qui durera 3 ans avec un répit de novembre 1936 à juillet 1937. Cette radicalisation politique du mouvement national palestinien autour de structures archaïques fait face à un mouvement migratoire d’une grande ampleur et à l’évolution de l’organisation coloniale sioniste. L’Agence juive devient l’autorité centrale sur toutes les questions concernant les Juifs à l’échelle mondiale mais aussi en Palestine. Le mouvement sioniste se radicalise et l’on assiste à la montée des partis de droite et notamment le parti à tendance fasciste de Jabotinsky. Cette droite crée des unités paramilitaires, Les chemises brunes, l’Irgoun, le Haganah qui mènent des actions terroristes contre les populations arabes palestiniennes.
L’insurrection des palestiniens a rapproché les sionistes et les britanniques soucieux d’en finir. Les Britanniques aident à la création de la « Jewish Settlement Police » qui comptera 20 000 membres pour une population juive d’un demi million. C’est une milice qui a intégré les membres d’organisations terroristes comme la Haganah et l’Irgoun et qui est entraînée et armée par les Anglais pour réprimer les insurgés arabes.
Pris en étau par une double répression anglaise et sioniste, et miné par les contradictions internes et les interventions des Hachémites d’Irak et de Jordanie, le nationalisme palestinien en gestation échoue. Ses adversaires, les sionistes sont unis autour d’un projet celui de la construction en Palestine d’un Etat juif, racial et religieux. La religion étant un slogan mobilisateur instrumentalisé pour la réussite du projet national «  La Palestine est notre inoubliable patrie historique ….ce nom seul serait un cri de ralliement puissant pour notre peuple » (3).

 

5- Et la politique anglaise ?

 

Les Anglais pataugent, embourbés dans leur cynisme politique et acculés par leurs mensonges face aux Palestiniens qu’ils sont censés accompagner à l’émancipation politique après la chute de l’empire ottoman. Ils sont aussi coincés par l’engagement pris d’aider les sionistes à installer leur foyer national en Palestine ! Les commissions chargées par le gouvernement britannique proposèrent dans un premier temps le maintien d’un seul Etat palestinien où les Arabes palestiniens cohabiteraient avec les Juifs. Cette solution fut refusée par les sionistes: elle allait à l’encontre de leur projet de création d’un Etat national juif !
Et la seule solution politique qui s’imposa à la commission royale dirigée par Earl Peel en 1937 fut le partage en deux Etats, un Etat juif et un Etat arabe avec un territoire qui resterait sous domination britannique.
Malgré les débats suscités par cette proposition le camp sioniste accepte le partage considérant que c’est un point de départ pour la réalisation de son projet comme le résume si bien cette déclaration de David Ben Gourion, président de l’Agence juive «  Le débat n’était pas pour ou contre l’indivisibilité d’Eretz Israël….. Le débat portait sur le point de savoir laquelle des deux routes conduirait plus vite à l’objectif commun à tous »
Les Arabes palestiniens refusèrent l’idée d’un mini Etat arabe se substituant à la Palestine arabe unifiée. Devant la reprise de l’insurrection et surtout l’imminence de la guerre mondiale le gouvernement britannique abandonna l’idée du partage et annonce en 1939 trois principes dans le Mac Donald White Paper : la vocation de la Palestine unie à l’indépendance dans un délai de 10 ans, la fixation d’un seuil pour l’immigration des juifs en Palestine et la règlementation du transfert des terres vers les Juifs.
Mais la guerre mondiale va bousculer l’Histoire en modifiant les rapports stratégiques mondiaux. L’empire anglais en sort affaibli et le mouvement sioniste met à son profit cette nouvelle conjoncture pour s’approcher des USA pour lesquels le Moyen-Orient revêt une importance capitale face à la Russie communiste.
Mieux structuré le mouvement sioniste lance ses attaques contre la présence anglaise en Palestine et réussit à les présenter  comme un mouvement pour l’indépendance ! Le 27 novembre 1947 les Nations Unies votent le partage de la Palestine en deux Etats – Un Etat juif et un Etat arabe. Ce partage est en faveur du projet sioniste car 54% du territoire de la Palestine sont octroyés à une population juive de 589 000 sur 1 908 775 habitants !
Les Britanniques se retirent sans avoir résolu aucun problème et sans avoir rempli ni la mission du mandat qui leur a été confié ni respecté les engagements déclarés dans le Livre Blanc. Les sionistes en profitent et déclarent le 14 mai l’indépendance de l’Etat d’Israël ! Le 15 mai, les troupes arabes arrivent au secours des palestiniens. Mais leur intervention est d’emblée vouée à l’échec. Les sionistes disposent d’une force armée bien formée tandis que les Arabes, à peine sortis de plusieurs siècles de domination ottomane,  n’avaient  pas d’armée nationale constituée. Rappelons qu’après la domination ottomane les Arabes ont été placés sous mandat français ou anglais et venaient d’avoir leur indépendance : la Syrie en 1946, le Liban en 1943. Quant à l’Egypte elle était encore sous mandat anglais et l’accord de 1936 ne lui donnait qu’une autonomie interne.

 

La Palestine est démembrée, et 750 000 palestiniens sont poussés à l’exil forcé !

 

 

Notations :

 

(1)Théodore HERZL, l’Etat juif, p. 209

 

(2) Nathan WEISTOCK , Le Sionisme contre Israël, p. 146

 

(3) Théodore HERZL, L’Etat juif, p.209

 

Bibliographie

 

Xavier BARON : Les Palestiniens, un peuple, Editions le Sycomore, Paris, 1984

 

Gilbert BENYAYOUN et Yvette LAZZERI: Palestine la Dépossession d’un territoire, L’Harmattan, Paris 2007

 

Georges CORM : L’Europe et l’Orient, Editions la découverte, Paris 1989

 

Gérard CHALIAND : La Résistance palestinienne, Seuil, Paris, 1970

 

IIan HALEVI : Sous Israël la Palestine, Le Sycomore, Paris 1978

 

Louis DENISTY : Le Grand Mufti et le Mouvement national Palestinien, la France et la Grande Bretagne face à la révolte arabe de 1936-1939

 

Roger Garaudy : L’Affaire Israël, Editions Papyrus, Paris, 1983

 

Pierre GUILLOSOU: La Palestine contemporaine, des ottomans aux israéliens, L’Harmattan, Paris 2013

 

IIan HALEVI : Sous Israël la Palestine, Le Sycomore, Paris 1978

 

Walter LAQUEUR : Histoire du sionisme, Calman-Levy, Paris, 1973

 

Charles RIZK : Entre l’Islam et l’Arabisme, les arabes jusqu’en 1945, Albin Michel, paris, 1983

 

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