Guerre et Paix

Leo Tolstoy

Leo Tolstoy

Dans Triangulating Peace (2001), Bruce Russett et John Oneal (universités de Yale et de Stanford) avaient conclu que les nations démocratiques qui ont des échanges commerciaux et appartiennent à des organisations intergouvernementales avaient 81% de chance de coexister en paix.

Plus près de nous, Hâvard Hegre (université d’Uppsala) dans son article intitulé Democracy and Arms Conflicts (2014) publié dans le Journal of Peace Research a réitéré la même conclusion en mettant toutefois l’emphase sur la qualité du régime démocratique, cela en réponse à la théorie de Thomas Friedman, journaliste et commentateur, qui postule dans sa Golden Arch Theory (Théorie des Arches d’Or) que deux pays ayant sur leur sol des restaurants Mc Donald ont peu de chance d’entrer en guerre.

 « Foutre ! ai-je envie de crier, moi qui pourtant ne suis ni Jacques Hébert ni à la tribune du Père Duchèsne. Fallait me le demander ! Je vous l’aurais dit, bande de… » Car bien avant la publication de ces recherches je savais déjà que les nations de la Communauté Européenne, par exemple, n’entreraient pas en guerre entre elles, et qu’à mon humble avis leurs chances de paix seraient d’au moins 99%.

 Mais soyons sérieux. Ces messieurs ne voient pas qu’il y a guerre et guerre. Je veux dire les guerres conventionnelles entre nations, entre forces symétriques et en terrain ouvert ; et les autres, les conflits dits « limités » qui opposent une nation industrialisée à un pays sous-développé, des forces dissymétriques, et en milieu urbain. (Ne parlons pas du nombre incalculable de victimes civiles et de « personnes déplacées.)

Ces « conflits limités » qui défraient tous les jours la chronique ressemblent étrangement aux guerres coloniales que l’Occident (démocratique) livrait à ses colonies. Celles-ci, comme les autres régions sous-développées du globe, se sont muées en néo-colonies pour retomber sous l’influence économique des grandes puissances (démocratiques).

Je songe en particulier à la plus prestigieuse démocratie du monde – ce qui ne diminue en rien la culpabilité de certaines démocraties européennes – à celle, disais-je, qui du haut de son piédestal domine de son regard d’aigle la planète et ne manque jamais une occasion de déployer ses ailes pour fondre impunément sur toute proie opportune. Et toujours au nom de la liberté.

 Alors Messieurs les experts en science politique, retournez à vos labos. Vos recherches ne font qu’expliquer ce que nous savons déjà, et n’expliquent rien de ce que nous voulons savoir. Pourtant, sans avoir à chercher trop loin, beaucoup d’entre nous avons notre petite idée…

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