Facebook et le bien-être des internautes

Guy Levilain FacebookUne étude publiée aux E.U. dans Computers and Human Behavior (Ordinateurs et comportement humain) ainsi que des recherches entreprises à l’Université du Michigan (USA) et à celle de Leuven (Belgique) ont révélé que « l’usage passif » de Facebook – à savoir naviguer sur l’internet à la recherche de différents sites – peut réduire le bien-être personnel, augmenter le sentiment d’envie et conduire à la dépression. Par contre « l’usage actif » – le fait de commenter, de publier et de partager – ne serait accompagné d’aucun effet négatif.

Par ailleurs ces études ont révélé que la nature des relations interpersonnelles que nous entretenons sur Facebook constitue un facteur déterminant. Il y aura empathie si des affinités nous rapprochent et si nous ressentons qu’en d’autres circonstances nous serions devenus de véritables amis. Dans ce cas nos échanges seront personnels et l’humain en nous se révélera en partage et en altruisme.

Dans le cas contraire, les contacts seront au mieux superficiels sinon nuls. Ces gens rencontrés par hasard resteront des étrangers, surtout ceux qui imbus du culte du moi et de leurs égoïsmes particuliers ne voient et ne vivent que dans leur univers sans se soucier nullement du vôtre. Dans ce cas FB est leur gazette mondaine, une rubrique réservée à leur beau monde, un quotidien où s’étale leur belle vie faite de joie et de moments privilégiés qu’ils vous mettent sous le nez avec photos à l’appui. A la vue de ces excentricité de mauvais goût nous ne pouvons qu’être outrés, irrités ou envieux selon notre humeur, notre personnalité ou notre état émotionnel.

 

Avons-nous besoin de recherches scientifiques pour arriver à ces conclusions ? Cela tombe sous le sens ! Examinons par exemple le « sentiment d’envie ». Imaginons un chômeur voyant sur son petit écran des inconnus se prélassant sur les plages dorées, leur cocktail tropical orné d’un petit parasol à la main et souriant de toutes leurs dents comme dans les spots publicitaires des agences de voyage. Selon vous quelle sera sa réaction ? Se réjouira-t-il du bonheur de ces joyeux privilégiés ? J’en doute. « Bande de s… ! » se dira-t-il plutôt entre les dents, plein de ressentiment, d’amertume et de révolte. Il y a de quoi faire une déprime…

 

A nous donc de choisir les eaux sur lesquelles nous voulons naviguer. Personnellement Facebook a été une expérience très enrichissante, et je puis dire que j’y ai tissé des liens de camaraderie et d’amitié durables. Et si à l’occasion il m’arrive de rencontrer un amateur de faits divers et de banalité, cette personne se lassera très vite du caractère trop sérieux de ma page. En effet on n’y voit aucune trivialité, à moins que son humour ne soit pour moi l’occasion de colorer d’une belle éclaircie un ciel parfois trop gris. Par contre on y voit l’actualité politique, les questions sociales et les relations humaines, ou encore des réflexions sur la philosophie, l’Histoire et les arts. Bref des sujets rébarbatifs qui feraient mourir d’ennui les joyeux lurons pour qui la vie est une perpétuelle fête. Quant aux fachos et autres fâcheux de tout poil, d’un clic je les envoie paître ailleurs.

 

Il est donc exact que l’usage actif de Facebook et la présence de personnes avec qui nous avons des idéals, des idées et des goûts en commun font de nous des internautes heureux. Je n’ai pas besoin de ces recherches pour le savoir. Je l’ai toujours su et l’ai mentionné sur ma page. L’occasion m’est donnée aujourd’hui de réitérer ma gratitude, celle d’avoir eu le bonheur de compter parmi vous des amis virtuels mais précieux, des êtres pleinement humains à qui je serais heureux de pouvoir un jour serrer la main !

 

P.S. Il m’arrive assez souvent d’être invité par des pin-up girls toutes très blondes, très aguichantes et toujours en mal d’affection. Elles ont un prénom et un patronyme français, habitent dans l’Hexagone et désirent « faire ample connaissance», bonne tournure française malheureusement noyée dans un charabia tel que la plus inculte des francophones ne saurait inventer. A ces apprentis arnaqueurs – car selon moi il s’agit bien d’hommes – j’ai ce conseil : pour embobiner quelqu’un il faut être plus malin que lui.

 

Guy Levilain est l’auteur d’une trilogie consacrée aux problèmes humains de l’Indochine coloniale vue à travers la saga de deux générations d’Eurasiens.

Il est également l’auteur de Don Pablo, fantaisie donjuanesque, suivie de La Abuelita, fantaisie mexicaine.

Pour lire un échantillon de ces romans, cliquez sur la page de couverture.

 

Merci pour le partage